Le consentement

Vanessa SPRINGORA

V. petite fille de 13 ans, a eu une enfance compliquée avec un père colérique, possessif et violent. Maintenant qu’elle vit seule avec sa mère dans une chambre de bonne, elle peut espérer mener une vie plus sereine. Elle comble le sentiment d’abandon paternel par la lecture. Lors d’un dîner d’affaires avec sa mère, elle va rencontrer G, un écrivain de 50 ans. 

Durant ce roman nous allons suivre tout d’abord la relation qui va se développer entre V. et G.. Il commence à lui écrire des lettres, puis à la croiser par inadvertance sur le chemin de l’école, puis à l’inviter chez lui pour le goûter. Les sentiments se développent entre les deux personnages, V. est persuadée que G. ne lui fera jamais de mal et que tout ce qui se passe entre eux est tout à fait normal. 

Parce que la peur de l’abandon surpasse chez moi la raison, et que je me suis entêtée à croire que cette anormalité faisait de moi quelqu’un d’intéressant.

Chapitre IV. La déprise

J’ai été prise dans cette spirale infernale. Prisonnière de cette relation malsaine, je me suis sentie impuissante. J’ai détesté la mère de V., au courant des habitudes pédophiles de G. mais qui n’a pas empêché sa fille de le fréquenter. 

J’ai pu comprendre comment ce pédophile a l’habitude de prendre toutes les précautions nécessaires pour ne pas être reconnu coupable. La notion de consentement est clairement le maître mot autour duquel le récit est constitué. A quelle âge la majorité sexuelle est-elle réelle ? La victime est-elle désignée comme tel à partir du moment où elle ne se plaint pas ? Une fois bien maîtrisée, la manipulation peut s’avérer destructrice sur des personnes sensibles, en manque d’affection et peu conscientes du danger menaçant. 

Petit à petit, V. va réussir à sortir de cette emprise de G. qui lui apporte pourtant le réconfort paternel qu’elle n’aura pas eu. La seconde partie du livre se déroulant après toute cette période est très bien faite et surtout terrifiante. Dans cette autobiographie, Vanessa raconte l’emprise que cet écrivain aura toujours sur elle, la façon dont il s’est protégé et dont il reste inatteignable. 

Mettre cette partie de sa vie sur papier a été plus que courageux de la part de Vanessa. Dévoiler au grand jour cette histoire afin d’ouvrir les yeux aux lecteurs que la pédophilie est surement pire que ce que l’on peu imaginer est héroïque. Une adolescence volée que j’espère ce livre puissant aura pu libérer des mauvais souvenirs. 

Si les relations sexuelles entre un adulte et un mineur de moins de quinze ans sont illégales, pourquoi cette tolérance quand elles sont le fait du représentant d’un élite -photographe, écrivain, cinéaste, peintre ? Il faut croire que l’artiste appartient à une caste à part, qu’il est un être aux vertus supérieures auquel nous offrons un mandat de toute-puissance, sans autre contrepartie que la production d’une oeuvre originale et subversive, une sorte d’aristocrate détenteur de privilèges exceptionnels devant lequel notre jugement, dans un état de sidération aveugle, doit s’effacer.

Chapitre VI. Ecrire
Lu en ebookSortie en Janvier 2020Éditeur : Grasset216 pages

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Histoire d'@

9 décembre 2020