Fahrenheit 451

Ray BRADBURY

Dans un monde futuriste, une des règles imposée par le gouvernement est la destruction des livres. Ils sont considérés comme dangereux et responsables de malheurs. De plus, ils polluent l’esprit humain de contradictions. 

Le regard de Montag se porta sur le mur où étaient affichées les listes dactylographiées d’un million de livres interdits. Leurs titres dansaient dans les flammes, brûlaient au fil des ans sous sa hache et sa lance qui ne crachait pas de l’eau mais du pétrole.

page 64

C’est dans ce contexte, que le lecteur fait la connaissance de Montag. Il fait partie de l’unité des pompiers nommée “Fahrenheit 451”, chargée de brûler les recueils présents dans les habitations. Les détenteurs  sont alors arrêtés et considérés comme des criminels.

Un jour, Montag fait une rencontre qui va modifier sa vision des choses, et le fera basculer dans l’autre camp. Les péripéties s’enchaînent. Et Montag prend conscience de l’oppression. Ses choix auront un impact considérable sur sa liberté. Son épouse devient une inconnue. La chute est extrêmement touchante et inattendue. 

Et pour la première fois, je me suis rendu compte que derrière chacun de ces livres, il y avait un homme. Un homme qui les avait conçus. Un homme qui avait mis du temps pour les écrire. Jamais cette idée ne m’était venue. » Il sortit du lit. « Si ça se trouve, il a fallu toute une vie à un homme pour mettre certaines de ses idées par écrit, observer le monde et la vie autour de lui, et moi j’arrive en deux minutes et boum ! tout est fini.

page 88

Publié pour la première fois en 1953, aux Etats-Unis, ce roman, où le gouvernement veut contrôler les médias, est toujours d’actualité. Faire croire à la liberté et au bonheur sans les livres, une illusion ? Interdire l’accès à la réalité, au savoir et à la religion, n’est-ce pas un formatage de l’esprit humain ?

Et ils seront heureux parce que de tels faits ne changent pas. Ne les engagez pas sur des terrains glissants comme la philosophie ou la sociologie pour relier les choses entre elles. C’est la porte ouverte à la mélancolie.

page 100

Accessible à tous, et pas uniquement aux amateurs de science-fiction, ce roman invite à la réflexion sur l’intérêt des livres, les connaissances qu’ils apportent, ainsi que sur le contrôle de l’information par le gouvernement. Un inconditionnel de la bibliothèque.

Mettez le feu à la première page, mettez le feu à la deuxième. Chacune devient un papillon noir. C’est pas beau, ça ? Allumez la troisième page à la deuxième et ainsi de suite, comme on allume une cigarette avec la précédente, chapitre par chapitre, toutes les sottises que véhiculent les mots, toutes les fausses promesses, toutes les idées de seconde main et autres philosophies surannées. »

page 118
KindleSortie en Juin 2016Editions Gallimard232 pages

Quatrième de couverture : 451 degrés Fahrenheit représentent la température à laquelle un livre s’enflamme et se consume.
Dans cette société future où la lecture, source de questionnement et de réflexion, est considérée comme un acte antisocial, un corps spécial de pompiers est chargé de brûler tous les livres, dont la détention est interdite pour le bien collectif.
Montag, le pompier pyromane, se met pourtant à rêver d’un monde différent, qui ne bannirait pas la littérature et l’imaginaire au profit d’un bonheur immédiatement consommable. Il devient dès lors un dangereux criminel, impitoyablement poursuivi par une société qui désavoue son passé.

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *