Ce que tu as fait de moi

Karine GIEBEL


Laetitia, fraîchement diplômée en droit, intègre la brigade des stupéfiants, dirigée par Olivier, pour effectuer sa période de stage. Laissant son mari et sa fille à 200 kilomètres, elle doit faire ses preuves afin de s’intégrer dans son équipe. A la suite d’une erreur, elle va se présenter, un soir,  au domicile d’Olivier, pour obtenir une seconde chance. Tout va basculer. Un drame, oui, mais lequel ?

Pendant les interrogatoires séparés des deux protagonistes, le lecteur découvre peu à peu, les faits. Il assiste à une “partie de tennis”, entre la vision de Laetitia et celle d’Olivier. Hyper addictif ! Le rythme effréné tient en haleine, avec une seule interrogation : où tout cela conduit-il ? 

L’auteure retrace, en deux jours, plusieurs mois de galère pour Laetitia. Olivier semble victime d’une obsession maladive. Son seul désir est  de posséder ce qu’il ne peut atteindre, quel qu’en soit le moyen.

J’avais la sensation d’être observée, je me suis trouvée paranoïaque et ridicule.
Mais il y avait encore pire. J’étais dans les bras de mon mari, et pourtant, je n’avais plus l’impression d’être à ma place. Des images tombaient sur moi, telle une pluie acide. J’ai fermé les yeux, tenté de me reprendre …

page 210

Pendant ma lecture, j’ai ressenti les mêmes émotions qu’en regardant la série “You” sur Netflix. Dans cette série, on suit aussi un homme qui va être accro à une femme au point de la suivre, d’écouter des conversations, de savoir ou elle habite, qui elle fréquente, etc.
Olivier a le même comportement ici, peut être que l’auteure s’est inspirée de la série (ou du livre qui à inspiré la série). En tout cas j’ai trouvé certains traits similaires.

J’aurais aimé un peu plus de profondeur dans l’écriture, dans les dialogues surtout. On retrouve certains passages typiques de l’écriture puissante de Karine Giebel, mais ils n’étaient pas assez présents pour moi.

J’avais une femme merveilleuse ; je l’avais juste oublié.
Je lui ai dit que je l’aimais. 
Je ne mentais pas. 
J’aimais deux femmes, d’un amour différent. 
L’un était rassurant ; l’autre violent, effrayant. 
L’un était vital ; l’autre létal. 
J’aimais deux femmes. 
L’une était une drogue douce ; l’autre une drogue dure. 
L’une était ma vie. 
L’autre serait ma mort.

page 422

Viol, syndrome de Stockholm, adultère, obsession, trahison, sont des sujets très présents.  Laetitia, dépassée par les événements, éprouve des difficultés à faire des choix.

Karine entre dans les méandres les plus sombres de la psychologie humaine. La construction, innovante pour cette plume, manque cependant de profondeur dans les dialogues. Un bon moment, où une seule question subsiste : jusqu’où un être peut-il aller par amour ? 

BrochéSorti en novembre 2019Editeur : Belfond552 pages

Quatrième : Personne n’est assez fort pour la vivre.
Personne n’est préparé à l’affronter, même si chacun la désire plus que tout.
La passion, la vraie…
Extrême.
Sans limites.
Sans règles.
On se croit solide et fort, on se croit à l’abri. On suit un chemin jalonné de repères, pavé de souvenirs et de projets. On aperçoit bien le ravin sans fond qui borde notre route, mais on pourrait jurer que jamais on n’y tombera. Pourtant, il suffit d’un seul faux pas. Et c’est l’interminable chute.
Aujourd’hui encore, je suis incapable d’expliquer ce qui est arrivé. Si seulement j’avais plongé seul…
Cette nuit, c’est le patron des Stups, le commandant Richard Ménainville, qui doit confesser son addiction et répondre de ses actes dans une salle d’interrogatoire. Que s’est-il réellement passé entre lui et son lieutenant Laëtitia Graminsky ? Comment un coup de foudre a-t-il pu déclencher une telle tragédie ?
Si nous résistons à cette passion, elle nous achèvera l’un après l’autre, sans aucune pitié.
Interrogée au même moment dans la salle voisine, Laëtitia se livre. Elle dira tout de ce qu’elle a vécu avec cet homme. Leurs versions des faits seront-elles identiques ?
Si nous ne cédons pas à cette passion, elle fera de nous des ombres gelées d’effroi et de solitude.
Si nous avons peur des flammes, nous succomberons à un hiver sans fin.
La passion selon Karine Giebel… conduit forcément à l’irréparable.

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