Santa Muerte

Gabino IGLESIAS

Définition : Nuestra Señora de la Santa Muerte (« Notre dame de la Sainte Mort »), ou Santísima Muerte, est un personnage du folklore mexicain. Elle personnifie la mort, de manière similaire à la Grande faucheuse dans les folklores européens. Contrairement à elle, cependant, elle est associée à des attributs positifs comme la guérison ou la protection. (source Wikipédia)

Fernando aura bien besoin du soutient de la Santa Muerte durant son périple ! Entre Mexique et Texas, nous allons être embarqué dans la vengeance du protagoniste et dans une guerre de territoire de drogue. Il faut avoir l’estomac bien accroché, les détails gores ne sont pas floutés et dès le premier chapitres on se retrouve tout de suite dans le bain.

Mais le véritable cœur du pays, c’est Mexico. Un cœur noir, pollué, où des corps sont repêchés dans les égouts, où des femmes sont violées dans des bus sous des yeux qui prétendent ne rien voir, et où des gens disparaissent régulièrement sans laisser la moindre trace.

page 49

Les personnages ont des caractères différenciant, sont caricaturaux pour certains mais rien de déplaisant, interagissant dans un scénario digne d’un Tarentino. J’ai eu beaucoup d’empathie pour Fernando qui à des « cojones » et j’ai adoré le suivre dans sa quête.

C’est un roman court, dont la taille est raisonnable pour retranscrire l’action suivie, mais je n’avais pas envie de quitter Fernando, j’aurais aimé un ou deux chapitres ensuite pour le retrouver quelques années après.

La frontière est un endroit où les ossements ne sont jamais plantés assez profond et où les larmes des familles brisées et le sang des innocents se mêlent aux plantes, à l’air et à la terre.

page 74

Le style d’écriture est franc, les familiarités ainsi que les expressions espagnoles donnent du relief et de l’authenticité au récit.

Le thème principal reste selon moi la religion et le mysticisme. Ici, se sont les prières à différentes divinité ou personnages religieux qui guérissent les maux. Certains personnages seront comme des démons aux yeux du protagoniste. Cela apporte une toute autre dimension au récit qui n’est pas désagréable.

Le pire, avec la mort, c’est les choses qu’elle provoque chez les vivants.

page 107

Je ressors de se roman comme si j’avais été en immersion dans une autre culture sans avoir bougé de mon canapé. Un petit bijou à lire d’office et un auteur à garder en mémoire.

BrochéSortie en février 2020 Sonatine éditions192 pages

Quatrième : Austin, Texas. Tu t’appelles Fernando, et tu es mexicain. Immigré clandestin. Profession ? Dealer. Un beau jour… Non, oublie « beau ». Un jour, donc, tu es enlevé par les membres d’un gang méchamment tatoué qui ont aussi capturé ton pote Nestor. Pas ton meilleur souvenir, ça : tu dois les regarder le torturer et lui trancher la tête. Le message est clair. Ici, c’est chez eux.
Fernando croit en Dieu, et en plein d’autres trucs. Fernando jure en espagnol, et il a soif de vengeance. Avec l’aide d’une prêtresse Santeria, d’un chanteur porto-ricain cinglé et d’un tueur à gages russe, il se résout à déchaîner l’enfer.
Écartelé entre deux pays, deux cultures, deux traditions, Fernando est un héros des temps modernes. Quand toutes les frontières se brouillent, géographiques, morales, spirituelles, seul un nouveau genre littéraire peut dessiner le paysage.

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