De pierre et d’os

Bérengère COURNUT

Résumé : Une nuit, la banquise se fracture et sépare une jeune femme de sa famille. Uqsuralik se retrouve livrée à elle-même, plongée dans la pénombre et le froid polaire. Si elle veut survivre, elle doit avancer à la rencontre d’autres êtres vivants. Commence alors, dans des conditions extrêmes, une errance au sein de l’espace arctique, peuplé d’hommes, d’animaux et d’esprits.

Ce roman est un voyage qui fait découvrir la banquise. Quand Uqsuralik se retrouve seule, tout s’effondre. Elle n’a pas le choix, marcher pour survivre. Elle va rencontrer d’autres familles dont certaines qu’elle connait déjà, puis, fonder la sienne. Dans une famille d’inuits, chacun a un rôle et doit être utile à la communauté : chasse, pêche, cueillette, montage des tentes, cuisine, tannage des peaux, séchage de la viande, etc.

Le lecteur vit une immersion complète dans un monde inconnu, loin de toute civilisation moderne, du béton et des smartphones. Les esprits sont là aussi pour accompagner la jeune femme dans sa quête d’elle même. Des chants, pour ces esprits, sont entonnés régulièrement par les familles, afin d’éloigner les mésaventures et prévenir la maladie. C’est très intéressant, enrichissant et divertissant.

La nature hostile ne laissera aucun répit. Les descriptions des paysages, de la faune et des saisons sont bien détaillés ; le lecteur peut très bien s’y sentir transporté. Le rapport de l’homme à la nature est abordé de façon tout à fait moderne et invite à la réflexion. Une approche de l’écologie ?

J’ai apprécié la qualité de l’écriture, d’inspiration poétique. Seules les émotions ne sont que peu décrites. Je n’avais jamais entendu parlé de cette auteure, et ne suis pas prête de l’oublier. La couverture est le reflet du récit : simple et sauvage. Les photos finales résultent de plusieurs mois d’immersion et permettent de mettre en image nos pensées.
Un roman a mettre entre toutes les mains.

Les femmes découpent ensuite les bêtes et nous faisons le soir notre premier festin de viande musquée depuis longtemps. Certains trouvent cela délicieux, d’autres répugnant, mais tout le monde rit comme en plein milieu d’ l’hiver, lorsque nous sommes nombreux, soûls de chants et de viande.

page 175
BrochéSortie en Août 2019éditions Le Tripode219 pages

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